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Claude Vercher

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Couvre-feu (Paul ELUARD)

(Éditions A COEUR JOIE)


Que voulez-vous la porte était gardée

Que voulez-vous nous étions enfermés

Que voulez-vous la rue était barrée

Que voulez-vous la ville était matée

Que voulez-vous elle était affamée

Que voulez-vous nous étions désarmés

Que voulez-vous la nuit était tombée

Nous nous sommes aimés

© Les Éditions de Minuit

En sourdine (Paul VERLAINE)

(Éditions MUSIQUE EN FLANDRES)


Calmes dans le demi-jour

Que les branches hautes font,

Pénétrons bien notre amour,

De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos cœurs

Et nos sens extasiés...


Ferme tes yeux à demi,

Croise tes bras sur ton sein

Et de ton cœur endormi

Chasse à jamais tout dessein.


Laissons-nous persuader

au souffle berceur et doux...

Et quand solennel,

Le soir des chênes noirs tombera,

Voix de notre désespoir

Le rossignol chantera.

Par-dessus le toit (P. VERLAINE)


Le ciel est pardessus le toit,

Si bleu, si calme.

Un arbre, pardessus le toit,

Berce sa palme.


La cloche, dans le ciel qu'on voit,

Doucement tinte.

Un oiseau sur l’arbre qu'on voit

Chante sa plainte.


Mon Dieu, la vie est là,

Simple et tranquille.

Cette paisible rumeur-

Vient de la ville.


Qu'as-tu fait, ô toi que voilà

Pleurant sans cesse,

Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,

De ta jeunesse.

Trois annonces de concert  

(Éditions DELATOUR)


-1-Ouverture


Mesdames et Messieurs,

Nous vous prions d'éteindre votre téléphone maintenant.


Mesdames et Messieurs,

N'oubliez pas ensuite de le rallumer en sortant. Merci !

# # #

-2- Entracte


Il est temps à présent d'aller faire une pause (ou peut-être autre chose).

Nous nous retrouverons dans dix minutes, si vous le voulez.

A tout de suite.

# # #

-3- Départ


Voici le moment de se quitter.

Nous voulons tous vous remercier

D'être venu, d'être resté,

D'avoir avec nous passé la soirée.


Merci à nos organisateurs

Ils ont eu à faire un dur labeur.

Côté technique et artistique,

C’était parfait.

Ce fut un concert simplement magnifique.

Au revoir.

Du mal content d’amours (Cl. MAROT)


D'être amoureux n'ai plus intention,
C'est maintenant ma moindre affection,
Car celle-là, de qui je cuidais être
Le bien-aimé, m'a bien fait apparaître
Qu'au fait d'amour n'y a que fiction.

Je la pensais sans imperfection,
Mais d'autre ami a pris possession :
Et pour ce, plus ne me veux entremettre
D'être amoureux.


De soy mesme (Cl. MAROT)


Plus ne suis ce que j'ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître,
Je t'ai servi sur tous les Dieux.

Ah si je pouvais deux fois naître,
Comme je te servirais mieux !


Des pas (MUSIC AND CO)


Des pas envoûtent le silence, calmement, par une aube levée que l’on devine.

Tu marches vers moi, que j’aime tes pas. Déjà maintenant mon regard s’illumine. Pourras-tu naître ou bien n’être pas

Et je deviendrai l’amant de tes pas.

November (Thomas HOOD)


No sun, no moon,

No morn, no noon,

No dawn, no dusk,

No proper time of day,

No distance looking blue.

No road, no street,

No "t'other side the way",

No end to any Row.

No mail, no post, no news.(...)

No shade, no shine, no butterfly,

No bees, no leaves, no birds. (...)


November

L’étoile a pleuré rose

(Arthur RIMBAUD)


L’étoile a pleuré rose au creux de tes oreilles,

L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins

La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles

Et l’homme saigné noir à ton flanc souverain.

Chevaux de bois (Paul VERLAINE)


Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,
Tournez souvent et tournez toujours,
Tournez, tournez au son des hautbois.


Le gros soldat, la plus grosse bonne
Sont sur vos dos comme dans leur chambre,
Car en ce jour au bois de la Cambre
Les maîtres sont tous deux en personne.


Tournez, tournez, chevaux de leur cœur,
Tandis qu'autour de tous vos tournois
Clignote l'œil du filou sournois,
Tournez au son du piston vainqueur.




C'est ravissant comme ça vous soûle
D'aller ainsi dans ce cirque bête :
Bien dans le ventre et mal dans la tête,
Du mal en masse et du bien en foule.


Tournez, tournez sans qu'il soit besoin
D'user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds,
Tournez, tournez, sans espoir de foin


Et dépêchez, chevaux de leur âme :
Déjà voici que la nuit qui tombe
Va réunir pigeon et colombe
Loin de la foire et loin de Madame.

Tournez, tournez ! le ciel en velours


D'astres en or se vêt lentement.

Voici partir l'amante et l'amant.
Tournez au son joyeux des tambours !


A force d’aimer (Maurice CARÊME)


A force d'aimer
Les fleurs, les arbres, les oiseaux,
A force d'aimer
Les sources, les vals, les coteaux,
A force d'aimer
Les trains, les avions, les bateaux,
A force d'aimer
Les enfants, leurs dés, leurs cerceaux,
A force d'aimer
Les filles penchées aux rideaux,
A force d'aimer
Les hommes, leur rage de ciel,
A force d'aimer
Il devint, un jour, éternel.

© Fondation Maurice Carême, tous droits réservés


© Fondation Maurice Carême